20 février 2014 jonathan

Rencontre « Le Quepa sur la Vilni! »

Yann Le Quellec, réalisateur des films Le Quepa sur la vilni! et Je sens le beat qui monte en moi, et Alix Bénézech, comédienne, ont pris le temps d’échanger avec les spectateurs suite à la projection des deux films le 11 février dernier à l’Université Paris 1 – Tolbiac. Retour sur cet échange.

Dans les deux films, il y a des moments de transe qui redonnent de l’élan aux personnages et leur permettent de sortir de leur mode de vie guindé.
Yann Le Quellec : C’est par le corps qu’on peut reprendre possession de soi, sortir de ses inhibitions et atteindre une forme de lâcher-prise. C’est quelque chose que l’on retrouve dans la fête, la fête dionysiaque et c’est un des thèmes centraux du Quepa à travers le personnage incarné par Bernard Menez, le côté un peu old school qui par la transe va se rapprocher d’une forme de sensualité incarnée davantage par les jeunes comédiens.

Alix, ça doit être particulier à lire comme scénario, qu’est-ce qui vous a touchée dans ce texte et donné envie de dire oui ?
Alix Bénézech : En lisant le scénario, je ne savais pas ce que ça pouvait donner. J’aime les réalisateurs qui ont un univers, qui parlent à l’inconscient plus qu’au rationnel. C’était une vraie rencontre, ce qu’on a vécu également avec les autres comédiens. Le film s’écrivait tous les jours. 

Comment avez-vous décidé de filmer les scènes de danse ?
YLQ: J’ai décidé de les filmer bien. C’est difficile de filmer la danse. J’adore les comédies musicales sauf qu’il y a souvent le temps du récit et le temps de la danse : le récit s’arrête, la danse commence, le récit reprend. J’avais l’ambition que la danse et la vie soient liées intrinsèquement. Donc pour tourner on avait des points de repère sans avoir tout prévu à l’avance. Lorsqu’ils dansent, les moments que j’aime bien c’est les plans sur leurs jambes. Ce ne sont pas des plans communs, d’habitude on ne filme pas les pieds mais je trouve que le jeu de ses jambes qui se rapprochent a une forme de sensualité. Ça ce n’était pas du tout prévu dans le découpage.

D’où vous est venue l’idée de Je sens le beat ?
YLQ: J’aime beaucoup la musique et je déteste la flûte de pan. Dans le métro à République des péruviens massacraient « Le condor passa » à la flûte de pan. Les gens dansaient autour et je me suis dit qu’ils devaient avoir une maladie pour avoir envie de danser sur ça. Le soir, j’ai vu un spectacle de danse et j’ai été capté par la performance de la danseuse Rosalba Torres Guerrero. La superposition de ces deux évènements m’a donné l’idée du personnage.

Par rapport à la musique, est-ce qu’elle était sur le tournage ou rajoutée après ?
YLQ: Quand on tourne une scène, on prend plusieurs prises et ce qui paraîtrait logique serait de remettre la musique à zéro à chaque fois qu’on tourne une prise. Et puis filmer sous des angles différents et prendre la meilleure version à chaque fois. Or si on fait ça, ce n’est pas raccord avec tous les figurants et les danseurs, les gens ne seront pas au même endroit. Donc ce qu’on fait c’est qu’on essaie de tourner sans musique et c’est difficile de danser sans musique. Du coup, on lance la musique, on le remet de temps en temps si on sent que l’élan se perd. Au montage, on a des images de gens sans musique et on peut prendre les meilleurs moments et mettre la musique dessus. Il y a plusieurs façons de faire mais en voilà une. Pour le Beat, y’a des prises avec musique car j’avais envie de cette énergie.

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